Mustradem - Musiques Traditionnelles de Demain
Newsletter #03 mars 2010
Édito Au printemps : le retour des papillons

Nous n’avons plus 20 ans. C’est bien triste.

Vers 20 ans et 11 mois (juste avant l’accession à l’ancienne majorité), on perd une partie de ses illusions.

En particulier, on cesse de croire que la frontière entre la gauche et la droite est univoque et tranchée de la même façon pour tout le monde. On cesse de croire aussi qu’un bulletin de vote peut régler tous les problèmes. Moyennant quoi il est facile de passer le restant de sa vie à chercher un mode d’action conforme à ses convictions. La gauche ? La gauche de la gauche ? La gauche du centre ? Et les Verts, dans tout ça ? L’écologie est-elle soluble dans le rosé ? Etc. Tout cela nous a déjà valu d’amusants débats sur l’autoroute des concerts.

C’est sur le terrain que la différence se fait.

Nous sommes depuis 20 ans gestionnaires d’une association culturelle qui donne un cadre à nos espoirs, à nos doutes, à nos projets, à nos réalisations. A notre niveau, en 20 ans, nous avons vu :

- la mutation du modèle des Centres de Musiques Traditionnelles en Région, avec qui nous avions mis en place certains modes d’action, remplacés par d’aberrantes structures-gigognes, coûteuses et peu efficaces, dont l’absence de projet culturel cache mal l’unique raison d’être : les économies d’échelle.

- les Musiques Traditionnelles intégrées en 1997, par le Ministère, au vaste panier des Musiques Actuelles, représentées par le réseau des Smac qui, sauf exception, les ignore totalement.

- les associations brouillonnes et dynamiques rescapées des années 70, invitées fermement à se mettre aux normes administratives, ceci entraînant des choix financiers dont bon nombre ne se sont pas relevées.

- le régime d’assurance-chômage des professionnels du spectacle bradé par la CFDT et le Medef à l’aide d’une « réforme » qui a exclu de ce système 30000 professionnels entre 2004 et 2007 (chiffres de l’Unedic).

- l’Etat, via les Drac, resserrer drastiquement les cordons de la bourse.

Nous avons surtout vu, ces dernières années, la droite détruire systématiquement, pas à pas, les acquis sociaux issus du Conseil National de la Résistance ; saper méthodiquement, sans jamais renoncer, la cohésion salariale d’un des pays les plus riches du monde ; insulter tous les jours le goût et l’intelligence de citoyens qui ne les ont pas élus et d’autres qui le regrettent aujourd’hui.

Parmi certaines de ces stratégies, le salutaire processus de décentralisation / déconcentration initié par les lois Defferre (1982) a été retourné comme un gant pour justifier un abandon progressif mais inéluctable, des prérogatives de l’Etat dans bon nombre de services publics dont la culture n’est que le moindre des maillons. Aux collectivités locales de se débrouiller désormais.

MusTraDem est une structure autonome financièrement. Nous ne sommes pas conventionnés avec la Ville de Grenoble, qui nous aide pourtant sur certains projets à financement léger.

Dans ce contexte préoccupant, aujourd’hui la Région Rhône-Alpes est peu à peu devenu sinon le seul, du moins un de nos interlocuteurs privilégiés. Nous avons constaté le bien-fondé de certaines actions et investissements mis en place depuis 2004 (en particulier l’aide à la production de CD). Que nous le souhaitions ou non, c’est avec elle que s’élaboreront nos actions futures.

Nos bulletins de vote, les 14 et 21 mars, sauront, avec vigilance et bienveillance, encourager cette politique…et par là sauvegarder le sens de ce que nous défendons.

Christophe Sacchettini - tofsac@mustradem.com

PS : c’est fini, vous pouvez éteindre « La Marseillaise » !

 
          
 
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